Bureau moderne avec vue sur parking d'entreprise où plusieurs collaborateurs accèdent aux véhicules partagés
mei 15, 2024

Le passage à l’autopartage échoue souvent non par manque de budget, mais par une mauvaise gestion des conflits d’usage et des habitudes.

  • La clé est de définir une gouvernance claire qui anticipe les frictions : règles de priorité, processus de réservation, charte de propreté.
  • La transition doit être progressive, en impliquant les salariés pour faire évoluer la mentalité de la “propriété” du véhicule à la culture de “l’usage” partagé.

Recommandation : Commencez par auditer vos usages actuels et co-construisez une charte de mobilité avec des ambassadeurs internes avant même de choisir une solution technique.

Le parking de votre entreprise est plein, et pourtant, une bonne partie de votre flotte de véhicules y reste stationnée toute la journée. Cette situation, familière à de nombreux gestionnaires, représente un coût financier et écologique considérable. Face à ce constat, l’autopartage en entreprise apparaît comme une solution évidente pour rationaliser les dépenses et optimiser l’usage des ressources. Les promesses sont alléchantes : réduction des coûts de la flotte, amélioration de votre bilan RSE et offre d’un service flexible à vos collaborateurs.

Cependant, la réalité du terrain est souvent plus complexe. Les discussions se focalisent généralement sur le choix de la plateforme de réservation ou sur le type de motorisation, occultant le véritable enjeu : l’humain. Sans un cadre clair, la voiture partagée se transforme vite en source de conflits : clés introuvables, réservations qui se chevauchent, véhicules rendus sales, ou tensions entre les commerciaux nomades et les sédentaires. La belle idée se heurte alors au mur des habitudes et des frustrations.

Et si le véritable enjeu n’était pas technologique, mais organisationnel ? La réussite d’un projet d’autopartage ne repose pas sur l’application la plus performante, mais sur votre capacité à piloter la conduite du changement. Il s’agit de passer d’une culture de la propriété individuelle à une culture de l’usage collectif et responsable. Cet article n’est pas un simple comparatif de solutions. C’est une feuille de route de consultant, conçue pour vous aider à anticiper les points de friction et à construire une gouvernance de la mobilité juste et acceptée par tous.

Pour vous guider dans cette transformation, nous aborderons les étapes essentielles : du diagnostic de l’inutilisation de votre flotte à la mise en place de règles d’or pour garantir le respect du matériel, en passant par le choix du modèle le plus adapté à votre structure et les leviers fiscaux à votre disposition.

Pourquoi 60% des véhicules de fonction restent inutilisés pendant les heures de bureau ?

Le constat est souvent le même : des voitures de service ou de fonction attribuées individuellement passent le plus clair de leur temps sur le parking de l’entreprise. Cette sous-utilisation chronique n’est pas une fatalité, mais le symptôme direct d’une gestion de flotte pensée autour de la propriété et non de l’usage. Selon une étude du secteur, près de 60% des véhicules de flotte restent inutilisés sur les parkings pendant les heures de travail. Chaque véhicule immobilisé représente une charge fixe (assurance, entretien, amortissement) qui n’est pas rentabilisée, créant un gaspillage financier et spatial considérable.

Cette immobilisation s’explique par la déconnexion entre le besoin de mobilité réel des collaborateurs et le modèle d’attribution. Un commercial peut avoir besoin d’un véhicule pour un rendez-vous ponctuel, tandis qu’un chef de projet n’en aura l’utilité que pour une visite de chantier hebdomadaire. Attribuer un véhicule à plein temps à chacun est une réponse simple mais inefficace. Le passage à l’autopartage permet de mutualiser la ressource pour répondre à une multitude de besoins avec un nombre réduit de véhicules. L’enjeu est de transformer un centre de coût passif en un service de mobilité actif et optimisé, dont l’impact économique est direct.

Pour quantifier cet enjeu, il est utile de comparer le coût d’un véhicule dormant à celui d’un système partagé. L’optimisation ne réside pas seulement dans la réduction du nombre de voitures, mais aussi dans l’augmentation drastique de leur taux d’utilisation, qui peut doubler voire tripler.

Coût annuel d’un véhicule dormant vs partagé
Type de gestion Coût annuel Taux d’utilisation
Véhicule de fonction classique 6000€/an 20-40%
Véhicule en autopartage Variable selon usage 60-80%

Le passage à une flotte partagée est donc avant tout une décision de gestion rationnelle. Il s’agit de payer pour un usage réel plutôt que pour une disponibilité théorique, libérant ainsi des ressources financières pour d’autres investissements stratégiques.

Comment gérer les clés et les réservations de véhicules partagés sans fichier Excel ?

Le fichier Excel partagé est souvent le premier réflexe pour organiser un pool de véhicules. S’il peut dépanner au démarrage, il devient rapidement un cauchemar logistique : doubles réservations, informations non mises à jour, et la sempiternelle question “Qui a les clés ?”. Pour réussir votre transition vers l’autopartage, vous devez impérativement vous doter d’un système de gestion qui soit à la fois fiable, centralisé et simple pour les utilisateurs. Abandonner Excel n’est pas une option, c’est une condition sine qua non pour éviter les conflits et garantir l’adoption du service.

La technologie offre aujourd’hui des solutions adaptées à chaque niveau de maturité d’entreprise. L’objectif est de choisir le système qui correspond à votre taille, votre budget et le niveau d’autonomie que vous souhaitez accorder à vos collaborateurs. La gestion des clés, en particulier, est le point névralgique du système. Une solution digitale élimine les incertitudes et responsabilise l’utilisateur, qui sait que son accès est tracé.

Voici les trois principaux niveaux de maturité technologique pour la gestion de votre flotte partagée :

  • Niveau 1 (Artisanal – TPE) : Une armoire à clés manuelle mais sécurisée, couplée à un registre papier ou un calendrier partagé simple. C’est une solution à bas coût, mais qui requiert une discipline rigoureuse de la part de tous.
  • Niveau 2 (Structuré – PME) : L’investissement dans une armoire à clés connectée, accessible via des badges d’entreprise. Elle est synchronisée avec un logiciel de réservation qui gère le planning, envoie des notifications et permet un suivi de base de l’utilisation.
  • Niveau 3 (Intégré – Grandes Entreprises) : La solution la plus fluide est l’accès “keyless” (sans clé) via une application smartphone. Le collaborateur réserve, déverrouille et verrouille le véhicule avec son téléphone. Ce système offre une autonomie totale et une collecte de données d’utilisation très riche pour optimiser la flotte.

L’adoption d’une solution numérique comme une application mobile dédiée est un signal fort envoyé aux collaborateurs : le service est professionnel, moderne et conçu pour leur simplifier la vie, pas pour la compliquer.

Main tenant un smartphone montrant une interface de réservation floue

En définitive, le choix de l’outil de gestion des réservations et des accès n’est pas un détail technique. C’est le pilier de la gouvernance de votre service d’autopartage. Un système clair et automatisé est la première règle pour prévenir les conflits d’usage.

Flotte interne partagée ou abonnement externe : quelle solution pour une PME de 50 salariés ?

Une fois le principe de l’autopartage acté, la question stratégique suivante se pose : faut-il acheter et gérer sa propre flotte de véhicules partagés, ou souscrire à un service d’autopartage externe comme Citiz, Getaround ou Ubeeqo ? Il n’y a pas de réponse unique. Le choix dépend de votre culture d’entreprise, de vos capacités d’investissement et de gestion, et de la nature de vos besoins en mobilité. La tendance de fond est claire : selon le baromètre de l’Arval Mobility Observatory, déjà 31% des entreprises françaises ont recours à l’autopartage, signe d’une maturité du marché.

Pour une PME d’environ 50 salariés, le dilemme est particulièrement pertinent. Une flotte interne offre un contrôle total mais représente un investissement initial et une charge administrative non négligeables. Un abonnement externe offre une flexibilité maximale et une gestion déléguée, mais avec moins de personnalisation. Une troisième voie, souvent la plus pertinente, est le modèle hybride : conserver un ou deux véhicules internes pour les usages récurrents et prévisibles, et compléter avec un abonnement externe pour les pics d’activité ou les besoins spécifiques (utilitaire, véhicule 7 places…).

Le tableau suivant synthétise les critères de décision pour vous aider à positionner votre entreprise.

Comparaison des modèles d’autopartage pour une PME
Critère Flotte interne partagée Abonnement externe Modèle hybride
Investissement initial Élevé Faible Moyen
Flexibilité Limitée Élevée Optimale
Gestion administrative Lourde Minimale Modérée
Personnalisation Totale Limitée Partielle
Coût pour 50 salariés ~150k€/an Variable ~80k€/an

Pour une PME, le modèle hybride est souvent le meilleur compromis. Il permet de maîtriser les coûts sur les trajets les plus fréquents tout en bénéficiant de la souplesse d’un service externe pour les imprévus, sans avoir à supporter le poids d’une flotte surdimensionnée.

Les 3 règles d’or pour éviter que vos voitures partagées ne deviennent des poubelles

La plus grande crainte des gestionnaires et des salariés face à l’autopartage est la dégradation du bien commun. Quand un véhicule n’appartient à personne, il risque de n’être respecté par personne. Papiers de bonbons, bouteilles vides, réservoir à sec, état de propreté douteux… Pour éviter que votre flotte ne se transforme en dépotoir roulant, la technologie ne suffit pas. Il faut instaurer une culture de la responsabilité partagée, encadrée par des règles claires, comprises et acceptées de tous. Il ne s’agit pas de “fliquer” les utilisateurs, mais de créer un système où chacun se sent co-responsable de la qualité du service.

La clé est la transparence et la responsabilisation croisée. L’utilisateur qui prend un véhicule doit pouvoir signaler facilement l’état dans lequel l’a laissé le précédent, et vice-versa. Ce simple mécanisme change radicalement la dynamique : l’anonymat disparaît au profit d’une chaîne de responsabilité vertueuse. Comme le souligne un retour d’expérience de la Ville de Dijon sur son partenariat avec un opérateur :

Avec Citiz, les voitures sont entretenues. Et ce n’est pas au personnel de les nettoyer !

– Ville de Dijon, Retour d’expérience Citiz

Pour y parvenir, voici trois règles d’or à intégrer dans votre charte de mobilité :

  • Règle 1 : L’état des lieux croisé systématique. Avant de démarrer et après avoir terminé son trajet, l’utilisateur doit réaliser un état des lieux rapide (propreté intérieure/extérieure, niveau de carburant, éventuels dommages) via l’application mobile. Quelques clics suffisent à valider ou à signaler une anomalie.
  • Règle 2 : La gamification de la responsabilité. Mettez en place un système de points ou de statut de “Super Partageur” pour les collaborateurs les plus respectueux. Ces bons élèves peuvent bénéficier d’avantages : priorité sur les réservations, bons cadeaux, etc. La reconnaissance positive est plus efficace que la sanction.
  • Règle 3 : Une matrice de résolution transparente. Établissez et communiquez une grille claire des suites données en cas de manquement. Il faut distinguer l’oubli mineur (un simple rappel) de la négligence avérée (participation aux frais de nettoyage, suspension temporaire du service). La règle doit être la même pour tous, sans exception.

Ces règles ne sont pas des contraintes, mais les fondations d’un service durable et respecté. Elles transforment un simple outil en un véritable projet d’équipe.

Quand réserver les véhicules partagés pour garantir la mobilité des commerciaux prioritaires ?

L’un des principaux freins culturels à l’autopartage est la peur, pour les populations nomades comme les commerciaux, de perdre leur outil de travail et de ne pas pouvoir honorer un rendez-vous client. C’est le “conflit d’usage” par excellence : comment concilier les besoins planifiés des itinérants avec les besoins ponctuels des sédentaires ? La réponse ne peut pas être “premier arrivé, premier servi”. Cela créerait une frustration immense et signerait l’échec du projet. La solution réside dans la mise en place d’une gouvernance des réservations qui définit des règles de priorité claires et perçues comme équitables.

Cette gouvernance peut prendre plusieurs formes, à adapter selon votre activité. Par exemple, vous pouvez dédier certains véhicules aux équipes commerciales ou leur permettre de réserver des créneaux plusieurs semaines à l’avance, tandis que les autres collaborateurs ne peuvent réserver que 48h avant leur besoin. L’outil de réservation doit permettre de configurer ces règles de manière fine. L’expérience montre que lorsque le système est bien pensé, l’autopartage devient un atout, même pour les plus exigeants, comme le témoigne Guillaume Niel, Directeur de l’agence Terrell à Toulouse, au sujet de son service d’autopartage : “Citiz est d’abord un système très pratique. Le service est plus simple qu’un système de location classique. Il n’y a pas de démarches administratives, l’autopartage est plus intéressant que les indemnités kilométriques.”

Étude de Cas : L’optimisation des réservations à l’Agence Terrell

L’agence d’ingénierie Terrell à Toulouse a adopté un service d’autopartage externe pour ses déplacements professionnels. Le directeur, Guillaume Niel, met en avant la simplicité du système comparé à la location traditionnelle. L’absence de démarches administratives lourdes et un coût plus avantageux que les indemnités kilométriques ont convaincu les équipes, y compris celles ayant des besoins de mobilité fréquents. Ce cas illustre qu’un système externe bien structuré peut répondre efficacement aux exigences des professionnels sans nécessiter la gestion d’une flotte interne.

L’organisation visuelle du planning des véhicules est essentielle pour que chacun puisse anticiper la disponibilité et comprendre les règles du jeu.

Vue aérienne d'un parking d'entreprise avec véhicules organisés

En résumé, garantir la mobilité de vos forces vives n’est pas incompatible avec l’autopartage. Au contraire, cela vous oblige à formaliser qui a besoin de quoi et quand, menant souvent à une meilleure planification globale des déplacements pour toute l’entreprise.

Comment sécuriser l’usage des trottinettes et vélos partagés par vos collaborateurs ?

L’autopartage ne se limite pas aux voitures. De plus en plus d’entreprises intègrent des solutions de micromobilité (vélos à assistance électrique, trottinettes) pour les trajets inter-sites ou du quotidien. C’est une excellente initiative pour la RSE et le bien-être des salariés. D’ailleurs, selon l’Arval Mobility Observatory, 34% des entreprises déploient déjà le partage ou la location de vélos ou deux-roues. Cependant, cette diversification des modes de transport engage directement la responsabilité de l’employeur en cas d’accident. Il est donc impératif d’encadrer très sérieusement leur usage.

Vous ne pouvez pas simplement mettre des trottinettes à disposition et espérer que tout se passe bien. Vous devez mettre en place un cadre qui protège à la fois vos collaborateurs et votre entreprise. Cela passe par l’information, la formation et la fourniture d’équipements de protection individuelle (EPI). La sécurité ne doit jamais être une option. Conditionner l’accès au service au respect strict des règles de sécurité est une posture ferme mais nécessaire.

Pour structurer votre démarche, la mise en place d’un plan d’action en plusieurs étapes est la meilleure approche. Il permet de s’assurer que tous les aspects, du juridique à l’équipement, sont couverts.

Votre plan d’action pour une micromobilité sécurisée

  1. Formaliser l’engagement : Faites signer à chaque utilisateur une charte d’utilisation détaillée, incluant une décharge de responsabilité éclairée qui rappelle les règles du Code de la route et les risques encourus.
  2. Fournir l’équipement essentiel : Mettez à disposition un kit de mobilité douce obligatoire et personnel pour chaque utilisateur régulier, comprenant au minimum un casque certifié, un gilet haute visibilité et un antivol de qualité.
  3. Organiser la formation : Proposez des ateliers de prise en main, animés par un expert de la sécurité routière, pour familiariser les collaborateurs avec le matériel et les bonnes pratiques de circulation en milieu urbain.
  4. Conditionner l’accès : L’accès au service de réservation des vélos ou trottinettes doit être strictement conditionné au port systématique des équipements de sécurité fournis. Le “pas de casque, pas de vélo” doit devenir la norme.

En adoptant cette approche rigoureuse, vous transformez une source de risque potentiel en un véritable atout pour votre politique de mobilité, en démontrant que vous prenez la sécurité de vos équipes au sérieux.

Pour garantir la sécurité de tous, il est impératif de suivre une démarche structurée et non négociable.

Comment passer d’une culture de la “propriété” à celle de “l’usage” sans braquer les anciens ?

Le plus grand obstacle à l’autopartage n’est pas technique, il est psychologique. Pour un collaborateur qui a toujours eu “sa” voiture de fonction, passer à un véhicule partagé peut être vécu comme une perte de statut, une contrainte ou une régression. “Braquer les anciens” ou les collaborateurs les plus attachés à ce modèle est le risque majeur. Pour réussir, vous devez aborder cette transition non comme une simple mesure de réduction de coûts, mais comme un véritable projet de conduite du changement. Il faut expliquer, accompagner, et surtout, impliquer.

L’objectif est de faire évoluer les mentalités en démontrant que la culture de l’usage offre plus de flexibilité et d’avantages que la culture de la propriété. Le succès des acteurs de l’autopartage, comme Citiz qui affiche une croissance de 13,4% de son chiffre d’affaires au premier semestre 2024, prouve que ce changement est non seulement possible mais aussi plébiscité quand il est bien mené. Une approche progressive et inclusive est la seule voie possible.

Plutôt que d’imposer le changement, orchestrez-le en quatre phases stratégiques :

  • Phase 1 (Mobilisation) : Identifiez les “ambassadeurs” du changement au sein de vos équipes (souvent les plus jeunes, les plus éco-sensibles ou les nouveaux arrivants). Impliquez-les dès le début dans la définition des règles du jeu. Leur adhésion sera votre meilleur relais.
  • Phase 2 (Volontariat) : Introduisez le “crédit mobilité” comme une alternative volontaire à la voiture de fonction. Ce budget, que le salarié peut utiliser pour différents modes de transport (transports en commun, autopartage, vélo…), valorise le choix et l’autonomie.
  • Phase 3 (Communication) : Organisez des sessions de formation et des campagnes de communication interne pour expliquer la démarche. Mettez en avant les bénéfices collectifs (impact RSE) et individuels (flexibilité, moins de stress lié à l’entretien du véhicule).
  • Phase 4 (Dialogue) : Mettez en place des sessions de questions-réponses régulières et sans filtre pour écouter et adresser les craintes des plus réticents. La transparence est la meilleure arme contre la résistance au changement.

En accompagnant cette transition avec empathie et structure, vous ne supprimez pas un avantage, vous en proposez un nouveau, plus moderne et plus aligné avec les enjeux actuels.

À retenir

  • La réussite de l’autopartage est moins une question de technologie que de gouvernance humaine (règles, priorités, responsabilités).
  • La transition d’une culture de la “propriété” à celle de “l’usage” doit être pilotée comme un projet de conduite du changement, avec empathie et progressivité.
  • Un cadre clair, des outils adaptés et une communication transparente sont les trois piliers pour éviter les confluits et garantir l’adoption du service par tous.

Comment déduire fiscalement les frais de covoiturage et d’autopartage pour votre entreprise ?

Au-delà des bénéfices organisationnels et écologiques, l’autopartage est un puissant levier d’optimisation fiscale pour votre entreprise. Les règles diffèrent sensiblement de celles d’une flotte de voitures de fonction classiques, notamment en ce qui concerne la TVS (Taxe sur les Véhicules de Société), la récupération de la TVA et les avantages en nature. Comprendre ces subtilités est crucial pour construire un business case solide et convaincre votre direction. De plus, le cadre légal pousse activement les entreprises à verdir leur flotte. En effet, selon les obligations de la loi LOM, les flottes de plus de 100 véhicules doivent respecter des quotas croissants de véhicules à faibles émissions lors de leur renouvellement : 20% en 2024, 40% en 2027 et 70% en 2030.

L’autopartage, qu’il soit interne avec des véhicules électriques ou via un abonnement externe, offre des avantages fiscaux significatifs. Le principal est souvent l’exonération de l’avantage en nature pour le salarié, puisque le véhicule n’est pas à sa disposition permanente pour un usage personnel. C’est un argument majeur pour faire accepter le changement. Le traitement fiscal varie selon le modèle choisi, comme le montre ce comparatif.

Traitement fiscal comparé des options de mobilité
Option mobilité TVS Amortissement TVA récupérable Avantage en nature
Voiture de fonction Oui (barème CO2) Limité Partielle Oui (9% valeur)
Autopartage interne Oui (réduite) 100% si électrique Selon usage pro Non si mutualisé
Abonnement externe Non N/A 100% si pro Non

Le choix d’un abonnement externe est fiscalement le plus simple : il est considéré comme une charge de service, sans TVS ni gestion d’amortissement, et la TVA est entièrement récupérable pour les déplacements professionnels. Pour une flotte interne, privilégier des véhicules électriques permet de bénéficier d’amortissements non plafonnés et d’une exonération de TVS, ce qui rend ce modèle très attractif sur le long terme.

Pour passer de la théorie à la pratique, l’étape suivante est de réaliser un audit complet de votre flotte et des usages réels de vos collaborateurs. C’est le point de départ de toute transformation réussie et le socle sur lequel vous bâtirez une gouvernance de la mobilité juste et efficace.

Yasmine Belkacem, Consultante en Ressources Humaines et Psychologue du Travail, spécialisée dans la mobilité durable et la marque employeur. Experte en conduite du changement et mise en place du Forfait Mobilités Durables (FMD) depuis 8 ans.